Ce vendredi 4 septembre 2020, c’est la date de clôture de l’exercice fiscal 2019-2020, selon un arrêté présidentiel publié en date du lundi 31 août 2020. Cet exercice a été catastrophique pour le pays. En effet, tous les voyants économiques sont au rouge.

La loi du 4 mai 2016 sur l’élaboration des projets de loi de finances a donné des cadres légaux au ministre de l’Économie et des Finances de fixer en conseil des ministres la date de clôture anticipée des engagements d’un exercice fiscal. En effet, dans un arrêté qui a été pris en conseil des ministres, l’actuel titulaire du MEF, Michel Patrick Boisvert, a fixé la date de clôture des engagements des entités administratives de premier et second rang de l’administration publique pour cet exercice.

L’année fiscale 2019-2020 a été très difficile pour l’administration en place. En effet, dès le premier trimestre de cet exercice, l’économie a fortement pâti du ralentissement des activités. Selon une enquête de la BRH, 65% des entreprises interrogées, cette situation a entrainé la mise en disponibilité de 10 à 25 % de leurs effectifs.

Par ailleurs, pour les trois premiers trimestres de l’exercice fiscal 2019-2020 le déficit budgétaire a déjà atteint plus de 35 milliards de gourdes. De fait, selon la dernière note de la banque centrale, la situation des finances publiques est marquée par une variation à la baisse des recettes et une augmentation des dépenses de l’État. « En effet, au cours du troisième trimestre 2019-2020, les taxes et impôts perçus par l’État haïtien ont atteint 19 345,65 MG soit un recul de 12,45% par rapport au deuxième trimestre », lit-on.

Plus loin, d’après la BRH, les dépenses quant à elles ont affiché une augmentation de 10,41 %, pour se chiffrer à 46 923,17 MG.
«Considérées de façon cumulée, les recettes d’octobre 2019 au 30 juin 2020 ont affiché un montant de 61 071,65 MG, en hausse de 6,44% par rapport à la même période de l’exercice fiscal précédent » , précise la BRH.

Parallèlement, le niveau d’exportation du pays a connu une baisse considérable au cours de cet exercice. Selon le gouverneur de la banque de la République d’Haïti, Jean Baden Dubois, les exportations du pays ont diminué de plus de 25%. Et, selon la dernière note de politique monétaire de la banque centrale, on a constaté une baisse de la demande pour le textile destiné à l’exportation. «En dépit de la réouverture progressive de plusieurs usines et la reconversion d’une partie de leur production vers les équipements de protection personnelle, l’activité du secteur demeure largement en deçà de celui du mois de mars 2020 », précise la BRH.

L’inflation et le taux de change

Au cours de l’année fiscale 2020, on a constaté une accélération du taux de l’inflation. De fait, pour le mois de mai 2020, l’inflation a atteint plus de 23%. Cette situation a réduit considérablement le pouvoir d’achat de la population haïtienne. À cet effet, selon les derniers rapports disponibles, plus 4 millions haïtiens se trouvent en situation d’insécurité alimentaire.

En ce qui a trait au taux de change, la gourde a connu une dépréciation exagérée par rapport au dollar américain. Selon le taux de référence de la banque centrale, le dollar est à plus de 110 gourdes à l’achat.

Cluford Dubois