Report, au lundi 3 août 2020, de l’entrée en vigueur des restrictions de la Brh sur le paiement des transferts internationaux.

 

P-au-P, 24 juin 2020 [AlterPresse] — La décision de la Banque centrale, d’exiger le paiement en gourdes des transferts internationaux, vise les couches sociales les plus faibles, estime l’économiste Emmanuela Douyon, dans une interview accordée à l’agence en ligne AlterPresse.

Seules les personnes les plus faibles du pays subiront le poids de cette restriction sur les transferts d’argent, imposée par l’État haïtien. Cette décision n’est pas dans l’intérêt des bénéficiaires les plus faibles du pays, critique Emmanuela Douyon.

Face à la dégringolade historique de la monnaie nationale, la gourde (Ndlr : US $ 1.00 = 117.00 gourdes ; 1 euro = 136.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.10 gourdes aujourd’hui), les autorités étatiques ont décidé d’imposer de sévères restrictions sur le fonctionnement des maisons de transferts du pays.

Cette mesure ne favorise pas l’équité sociale, par le simple fait qu’une catégorie de personnes pourrait encore recevoir ses transactions en dollars américains, via leur comptes bancaires, fait remarquer l’économiste Emmanuela Douyon.

Les autorités monétaires n’ont pas pris en compte tous les autres paramètres de l’économie haïtienne, dont la dollarisation. Toutes les transactions du pays se font en dollars américains, rappelle-t-elle.

« Cette décision ne concerne que les maisons de transferts dans le pays. Pourtant, ce pays fonctionne en dollars américains et toutes les institutions sont libres de fixer leur taux du jour. Est-ce qu’il ne devrait pas y avoir une mesure, pour contraindre aussi les institutions à fixer les prix de leurs produits en gourdes, avant tout ? », s’interroge l’économiste.

Emmanuela Douyon recommande des actions en amont pour atténuer la dépréciation de la gourde dans le pays.

Le gouverneur de la Banque centrale (Banque de la république d’Haïti / Brh), Jean Baden Dubois, a annoncé le report, au lundi 3 août 2020, de l’entrée en vigueur de sa disposition institutionnelle, dans une correspondance, en date du 23 juin 2020, adressée aux responsables des banques et des maisons de transferts.

Dans la circulaire en date du 19 juin 2020, la Banque de la république d’Haïti a invité les maisons de transfert à payer les transferts internationaux en gourdes, si la ou le bénéficiaire les réclame dans n’importe quels bureaux sur le territoire national.

Par contre, la ou le bénéficiaire recevra son argent en dollars américains si le dépôt est effectué sur son compte bancaire en dollars.