P-au-P, 07 févr. 2020 [AlterPresse] — Les trois ans (7 février 2017 – 7 février 2020) de l’administration du président Jovenel Moïse sont catastrophiques, estiment plusieurs organisations politiques et sociales en Haïti, interrogées par l’agence en ligne AlterPresse.

Les conditions de vie de la population se sont dégradées, durant cette période de 3 ans, alors que l’Etat n’a rien fait pour résoudre ce problème, déplore Guy Numa, membre du Mouvement démocratique populaire (Modep).

« Un récipient de 7 gallons d’eau, qui coûtait 5.00 gourdes [1], sous la présidence de Joseph Michel Martelly (14 mai 2011 – 7 février 2016), coûte actuellement 15.00 gourdes. Ce sont des signes, montrant clairement combien les conditions de vie de la population n’ont pas été améliorées ».

L’insécurité marque grandement la conjoncture actuelle, avec des morts par balles, presque chaque jour, et plusieurs cas de kidnapping, relève le Modep.

« Les autorités planifient davantage la mise en place de dispositions, visant à compliquer la vie des citoyennes et citoyens. Au lieu de réfléchir sur la réduction des prix des produits pétroliers, le gouvernement envisage de faire augmenter les prix à la pompe ».

Toutes les conditions sont encore réunies pour un soulèvement de la population contre ce pouvoir, augure le Modep, dans des propos à AlterPresse.

« Le président n’a pas su honorer la plupart de ses promesses de campagne », critique le secrétaire général du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (Rdnp), Éric Jean-Baptiste, en conférence de presse, le mercredi 5 février 2020.

Le Rdnp a également critiqué les mauvaises décisions de Jovenel Moïse, à la base, dit-il, de l’insécurité alimentaire et de la prolifération des gangs armés.

Durant les trois dernières années, de février 2017 à février 2020, la république d’Haïti a reculé sur plusieurs aspects : en rapport au taux de change, aux prix des biens de première nécessité et à l’inflation, entre autres, laisse entendre,, pour sa part Abdonel Doudou, directeur exécutif de Jurimédia (une organisation de la société civile), joint au téléphone par AlterPresse.

« Quels ont été les chiffres et indicateurs-clés, disponibles en janvier ou février 2017, avant que Jovenel Moïse ait prêté serment ? Combien a été le taux de change ? Quel a été le prix d’une marmite de riz ? d’une marmite de sucre brun ? d’’une petite boîte de lait liquide concentré ? Comment a été le climat d’insécurité ? Quel a été le niveau de l’insécurité alimentaire ? Le niveau de l’inflation ? », s’interroge Jurimédia.

A l’occasion du 34e anniiversaire de la chute de la dictature des Duvaliers (François Duvalier 22 septembre 1957 – 21 avril 1971, Jean-Claude Duvalier 22 avril 1971 – 7 février 1986), ce vendredi 7 février 2020, une nouvelle manifestation antigouvernementale a eu lieu à Port-au-Prince, contre l’impunité et l’insécurité.

Cette mobilisation se poursuivra le dimanche 9 février 2020, a annoncé le professeur Josué Mérilien, coordonnateur de l’Union nationale des normaliennes et normaliens d’Haiti (Unnoh), également membre du regroupement Konbit òganizasyon politik, sendika ak popilè, initiateur de la manifestation.

Le départ sans conditions de Jovenel Moïse de la présidence politique, en Haïti, et l’arrestation des personnes, impliquées dans la dilapidation (plus de 4 milliards de dollars américains) des fonds PetroCaribe, de l’aide vénézuélienne à Haïti, sont les deux principales revendications de la population, souligne Mérilien.

[1Ndlr ; US $ 1.00 = 96.00 gourdes ; 1 euro = 111.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.00 gourdes aujourd’hui.