Source HL/ HaïtiLibre

L’économie haïtienne n’a pas pu atteindre l’objectif de 3.6% de croissance qui avait été fixé pour l’exercice fiscal 2013-2014. Selon les estimations préliminaires de la Direction des Statistiques Économiques (DSE) le Produit Intérieur Brut (PIB), en volume, a crû de 2.8%, soit une décélération par rapport à l’année dernière où l’économie avait franchi la barre de 4% de croissance, soulignant que le ralentissement peut être imputé à plusieurs goulots d’étranglement auxquels l’économie nationale a dû faire face en 2014 entre autres :

  • Les difficultés relatives au vote de la loi de finances de 2013-2014 qui ont empêché ou retardé l’exécution à temps de certains projets d’infrastructure, porteurs de croissance et de création d’emplois ;
  • L’incertitude créée par une situation politique, pour le moins nébuleuse, qui a un peu affecté le dynamisme dont les agents économiques avaient fait montre l’année dernière ;
  • Les conditions climatologiques n’ont pas été tout à fait clémentes, car certaines régions du pays ont connu une rude sécheresse qui a mis à mal la performance de la branche agricole ;
  • La réduction de l’aide externe a eu aussi des impacts négatifs sur le financement de certaines activités.


Du point de vue sectoriel, hormis l’Agriculture, la croissance de 2.8% du PIB en 2014 est soutenue par les principales branches d’activité qui ont affiché une tendance haussière, toutefois, moins élevée qu’en 2013, pour la plupart.

Contrairement à l’exercice précédent (2012-2013), les estimations provisoires du Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) indiquent un déclin du secteur agricole en 2014, notamment pour les cultures céréalières et vivrières. Il en est résulté une chute de 1.5% de sa valeur ajoutée à prix constants. Par contre, boostées par les fabrications de produits alimentaires, de boissons et de tabac, les industries manufacturières s’en sont relativement bien tirées avec une croissance, en volume, de 2.1%. La branche Bâtiments et Travaux Publics, en hausse depuis 2011, a maintenu sa progression induite par la poursuite des travaux de reconstruction et autres initiatives du secteur privé avec un accroissement de 7.9%. Le secteur tertiaire a aussi contribué à la hausse du PIB en 2014, particulièrement avec les branches Commerce, Restaurants et Hôtels (4.2%), Transports et Communications (3.7%) et Autres Services Marchands (5.1%).


Source : Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI)
Notes : * Semi-définitifs – ** Provisoires – *** Estimations
1 : Il s’agit, par convention, d’une unité spéciale qui prend en compte l’utilisation faite par les autres branches de la «production imputée de services bancaires» (SCN 93)


La DSE explique que « vue sous l’angle de la demande globale, l’analyse des résultats montre que la croissance du PIB a été tirée par toutes ses composantes (demandes interne et externe), mais avec des hausses moins élevées qu’en 2013: la Consommation finale, en volume, a progressé de 2.3% contre 2.7% en 2013; l’investissement, en termes réels, s’est accru de 2.0% contre 6.1% précédemment; et l’exportation, à prix constants, a augmenté de 4.5% contre 5% l’année dernière.

Pour ce qui est de l’évolution de l’inflation, les prix à la consommation ont été maintenus à un niveau relativement acceptable qui ne nuit pas trop au bon fonctionnement de l’économie. L’inflation, à la fin de l’année fiscale, s’est chiffrée à 5.3% contre 4.5% en septembre 2013, soit une hausse de 0.8 point de pourcentage. Ces résultats ont été obtenus, en dépit de la décote de la gourde, grâce à la relative stabilité macroéconomique sur le plan interne et à la baisse des cours mondiaux sur le plan externe.

Enfin, la nouvelle année fiscale s’annonce plutôt morose avec l’incertitude politique qui perdure. Cette situation est de nature à provoquer chez les agents économiques une sorte d’attentisme qui serait plutôt néfaste pour le dynamisme de l’économie. Ainsi, pour sauvegarder les acquis des années antérieures et maintenir Haïti sur une trajectoire de croissance, les maitres mots restent et demeurent l’esprit de discernement et le dépassement de soi qui permettront de transformer la morosité annoncée de 2015 en une année de grandes opportunités pour l’économie haïtienne. »


Source : Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique (IHSI)
Notes : * Semi-définitifs – ** Provisoires – *** Estimations