Après Kelly C. Bastien, c’est au tour de Moise Jean-Charles d’être pris pour cible dans ce conflit interne qui risque de saper les fondements de l’opposition.

Les choses se compliquent au sein de l’opposition qui n’arrive toujours pas à trouver une formule permettant à ses membres de travailler ensemble depuis le règne du PHTK. Cette division au sein de l’opposition est absolument catastrophique. Car, toute division au sein de l’opposition est automatiquement bénéfique au camp adverse, donc, au pouvoir en place. À preuve, l’élection de Jovenel Moïse a été possible à la faveur d’une division au sein de l’opposition. Et à un moment où l’unité au sein de l’opposition est nécessaire, les acteurs s’offrent en spectacle sur la place publique, alors qu’ils ont un objectif commun.

Quelques semaines de cela, l’ancien sénateur Kelly C. Bastien a été pris à partie par des membres du secteur démocratique et populaire qui lui avaient donné, auparavant, mandat pour discuter avec le parti au pouvoir au nom du secteur. Cette semaine, les leaders Moise Jean-Charles et Nenel Cassy s’affrontent dans un bras de fer inutile au sujet d’un éventuel appel téléphonique dans le cadre des préparatifs pour la mobilisation générale du 17 octobre prochain. L’objectif reste toujours le même. Mais les membres de l’opposition ont du mal à travailler ensemble.

Ancien sénateur de LESPWA en 2006 et ancien candidat de VERITE, Dr Kelly C. Bastien avait décidé de rejoindre le mouvement du secteur démocratique et populaire. Mais le mariage n’a malheureusement pas survécu. La présence de Kelly au sein du secteur se conjugue désormais au passé. Le médecin a récemment claqué la porte après avoir été trahi ou piégé par quelques membres du secteur. Malgré un soutien de plusieurs autres leaders du secteur démocratique, l’ancien parlementaire garde ses distances avec ce mouvement en perte de vitesse.

Tout a commencé avec une déclaration du leader du PHTK, Liné Baltazar, qui a informé de la tenue des pourparlers entre le parti au pouvoir et l’opposition depuis l’année dernière. Une vérité qui ne devrait pas être vulgarisée maintenant. Car, suite à cette déclaration, un vent de division a soufflé au sein du secteur. Une partie des leaders admettent avoir réellement mandaté Kelly C. Bastien pour participer à cette discussion, alors qu’un autre groupe estime qu’il n’a jamais été question.

Face à cette situation, il est difficile de distinguer le vrai du faux. Entre le groupe de Marjorie Michel, Nenel Cassy, André Michel qui, jusqu’à date refuse d’admettre cette question de mandat, et celui d’Evalière Beauplan, Ricard Pierre, Joseph Manès louis, Dr. Schiller Louidor, qui confirme un mandat verbal pour entreprendre des discussions avec le PHTK, personne ne sait quel discours faut-il considérer. Mais ce qui est certain, ces positions diamétralement opposées ne font que fragiliser les partis de l’opposition et affaiblir leur bataille contre le pouvoir en place.

Kelly C. Bastien n’est plus membre du secteur démocratique et populaire, mais il est encore vu pas ses anciens collègues comme étant l’élément déclencheur de cette division au sein du secteur. Ajoutée à cela, l’affaire Moise Jean-Charles et Nenel Cassy est un autre spectacle de trop qui vient éclabousser encore plus l’opposition. En marge de la préparation d’un soulèvement populaire le 17 octobre prochain, Nenel Cassy dit avoir discuté avec plusieurs leaders, dont Moise Jean-Charles. La déclaration a été rapidement démentie par le leader du Pitit Dessalines. Depuis, une branche de l’opposition accuse Kelly C. Bastien et Moise Jean-Charles de faire le jeu du pouvoir en place.

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