Le quartier de Bicentenaire logeant le tribunal de première instance de Port-au-Prince et d’autres institutions publiques et privées est sous le contrôle sans partage des groupes armés. Le 31 décembre 2019, Bob Dolciné, huissier au tribunal de première instance de Port-au-Prince, a été abattu au sein même de l’institution judiciaire. Pour éviter le pire, l’Association nationale des magistrats haïtiens (ANAMAH) demande de délocaliser le tribunal.

Situé en bas de la ville au Bicentenaire, le tribunal de première instance de Port-au-Prince n’est pas à l’abri des assauts des groupes armés qui contrôlent, par la force de la terreur, ce quartier et ses environs depuis des années. En effet, le système judiciaire haïtien vit sous la coupe mesurée de l’insécurité qui caractérise la situation actuelle du pays. Bob Dolciné, huissier au tribunal de première instance de Port-au-Prince, a été tué par balle dans l’enceinte même du tribunal de première instance de Port-au-Prince le 31 décembre 2019. Cet assassinat révolte les associations des magistrats haïtiens qui attirent l’attention du ministère de la Justice et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire sur la nécessité de déplacer le TPI de Port-au-Prince.

Condamnant avec la plus grande rigueur l’assassinat de l’huissier Bob Dolciné, l’Association nationale des magistrats haïtiens (ANAMAH) estime que ces actes ne font que salir l’image de la nation haïtienne. L’ANAMAH exprime ses sympathies aux parents, amis et membres de l’association des huissiers de la République. L’association, présidée par le juge Jean Wilner Morin, exige du ministère de la Justice et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire d’instruire la Police judiciaire de diligenter une enquête aux fins de mettre la main aux collets des auteurs de cet acte crapuleux.

Entre autres, l’association, qui a invité les magistrats haïtiens à observer un arrêt de travail durant la période de pays lock pour cause d’insécurité, exhorte, une fois de plus, les autorités concernées à prendre toutes les dispositions pour déplacer le tribunal de première instance de Port-au-Prince afin d’éviter le pire.

De leur côté, l’Association professionnelle des magistrats (APM) exprime sa consternation devant cet acte odieux et avilissant pour la justice haïtienne. Elle demande également aux autorités policières et judiciaires d’ordonner une enquête afin que la lumière soit faite autour de cet assassinat. Face aux dangers qu’encourent les usagers de l’avenue Harry Truman, l’APM recommande au personnel judiciaire et administratif du tribunal de première instance de Port-au-Prince la plus grande vigilance dans un moment où l’insécurité bat son plein dans le pays, notamment au niveau de la capitale.

Logeant de nombreuses institutions publiques et privées, le quartier du Bicentenaire est devenu depuis quelque temps le bastion des groupes armés. Ils s’affrontent en pleine journée sans crainte d’une intervention des forces de l’ordre légalement constituées. Ce sont eux qui décident de la circulation dans la zone. Les habitants de ce quartier sont livrés à la volonté des groupes armés. Plusieurs institutions publiques et privées ont déjà laissé la zone pour échapper aux assauts des bandits. D’autres, comme le Parlement, sont dysfonctionnels puisque les parlementaires et les employés abandonnent les locaux de l’institution.

Woovins St Phard