Plus de sept mois depuis que les centrales de Varreux sont contrôlées par l’État haïtien, elles n’arrivent toujours pas à fonctionner à plein régime. Le directeur général de l’ED’H a beau promettre que cette situation allait s’arranger mais la population n’a jamais vu les résultats.  Le ministre des Travaux publics, Transports et Communications dénonce un boycott. « Pourquoi les centrales de Varreux n’arrivent-elles pas à fonctionner ? A chaque fois, on me donne un nouveau prétexte. Parfois, on évoque un problème de carburant, parfois c’est un problème de moteur », a confié Nader Joiséus sur Magik 9 mercredi. Le ministre rapporte que les techniciens lui ont fait savoir que le moteur est tombé en panne à cause du mazout. Une explication rejetée par le ministre puisque, selon lui, il existe un appareil qui permet de traiter le mazout  et d’écarter les déchets.

Nader Joiséus dénonce un « vagabondage » au sein de l’EDH. Il accuse des « dirigeants qui ne veulent pas faire leur travail ». « Il ne s’agit pas toujours du directeur général ni du directeur technique, encore moins du directeur des réseaux. Parfois ce sont ceux qui se trouvent à la base qui détruisent le système. Ce ne sont pas toujours les chefs », tente-t-il de nuancer. Mais le ministre des Travaux publics, Transports et Communications reproche aux dirigeants de l’EDH de ne pas faire suffisamment d’efforts pour écouter les subalternes et savoir ce qui se passe à la base.

Par ailleurs, le ministre confie avoir déjà organisé des rencontres avec les employés représentés par le syndicat et d’autres dirigeants de l’institution pour leur lancer une mise en garde. « La patience a des limites. Elle prendra fin un jour », prévient Nader Joiséus.  Il menace de se séparer de ceux qu’ils présentent comme un obstacle au changement radical que veut réaliser le président Jovenel Moïse. Nader Joiséus est convaincu que ce changement sera, qu’on le veuille ou non, matérialisé.

Le salaire des employés qui travaillaient pour la Sogener et ceux qui sont actuellement en poste jusqu’à présent aurait été revu à la baisse. Le ministre est conscient que cela pourrait créer des frustrations mais, a-t-il souligné, ils ne veulent garder avec eux que des gens de « caractère » qui ont le « sens des responsabilités ». Nader Joiséus n’écarte pas la possibilité que ce boycott soit « sentimental »,  « politique » ou alimenté par des mains externes.

Danio Darius