P-au-P, 14 oct. 2014 [AlterPresse] — L’inquiétude continue de monter en Haïti par rapport à une éventuelle apparition de l’épidémie d’Ebola qui a déjà fait 4 mille morts sur 8 mille personnes infectées en Afrique de l’ouest.

La semaine écoulée, un adolescent à Brooklyn a été admis à l’hôpital, suspecté d’avoir été infecté. Cette fausse alerte a fait réagir certains Haïtiens de la diaspora qui ont contacté leurs familles en Haïti.

Lundi 13 octobre, le sénateur Francisco De La Cruz a appelé à des « mesures drastiques le plus vite possible » pour empêcher à la maladie d’entrer en Haïti. La commission santé va rencontrer les responsables du Ministère de la santé publique et de la population (Mspp) autour des mesures adoptées, a promis le sénateur qui est médecin de formation.

Le pays fait face depuis 4 ans à une épidémie de choléra qu’il peine à endiguer. La capacité des responsables sanitaires du pays à répondre à ce type de défi a de plus été mise à mal par une gestion jugée approximative de l’épidémie de Chikungunya.

Le ministère de la santé publique et de la population (Mspp) a annoncé depuis début septembre toute une série de mesures pour contrer l’Ebola, mais des doutes sont soulevés quant à leur mise en œuvre, en particulier la surveillance au niveau des aéroports.

L’une de ces mesures est le renforcement de la surveillance épidémiologique. Or le système national est réputé peu fiable et a démontré des failles dans le cas du choléra.

En même temps, aucune mesure n’est avancée concernant la surveillance de la frontière avec la République Dominicaine.

Le ministère de la santé publique a tenu lundi 13 octobre un séminaire d’information, de formation et de sensibilisation sur la fièvre hémorragique Ebola à l’intention des responsables de l’Autorité portuaire nationale (Apn).

Eric Smarcky Charles, directeur de l’Apn, a rappelé que « plus de 80% des marchandises qui entrent dans le pays passent par les ports ». L’APN est un « point d’entrée principal » et se trouve désormais en état de « veille stratégique ».

Charles dit espérer que « dans un avenir pas trop lointain », les frontières terrestres et les aéroports « feront l’objet d’une attention aussi soutenue » que les ports.

Par ailleurs, le ministère de la santé a commencé à faire tourner un spot de sensibilisation sur la Radio télévision nationale d’Haïti et compte le faire diffuser également sur d’autres médias. Un guide au sujet de l’Ebola est publié sur le site du Mspp également.

L’ambassade des Etats-Unis en Haïti a publié cette semaine un message de sensibilisation sur la manière de contracter le virus. Les Américains ont affiché des craintes vis-à-vis d’une immigration massive en provenance des Antilles, notamment d’Haïti, si la fièvre hémorragique Ebola faisait son apparition dans la région.

Une page de communauté Non au virus Ébola en Haïti a été créée sur Facebook.

L’Ebola se signale par l’apparition brutale d’une forte fièvre, supérieure à 38.5°, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des vomissements et des saignements. La période d’incubation durant laquelle le malade n’est pas contagieux, est de 21 jours.

Le taux de létalité entre 25 et 90% témoigne en revanche de la violence de la maladie.

Pour l’instant il n’existe aucun vaccin homologué. Des tests ont lieu au Mali avec le vaccin ChAd3, alors que la Russie a annoncé pouvoir délivrer le sien dans six mois.