Le président de la Fédération nationale des travailleurs de santé (FENATRAS) annonce pour le 16 septembre prochain une grève générale et illimitée dans les hôpitaux publics du pays. Ce, pour protester contre la mauvaise foi des autorités sanitaires qui refusent de respecter les clauses d’un protocole d’accord co-signé il y a deux ans en faveur de la bonne marche du système sanitaire ; fait-il savoir.

Un ciel gris plane sur les hôpitaux publics du pays. Les travailleurs de la santé entendent entrer en grève le 16 septembre pour réclamer de meilleures conditions de fonctionnement. Le président de la Fédération nationale des travailleurs de santé (FENATRAS), Félix Milot Lévy, qui en a fait l’annonce jeudi, avise d’une crise jamais vue qui sera observée dans les institutions sanitaires publiques du pays. « Ce qui devait arriver arrivera. Après le 15 septembre, il va y avoir une crise jamais vue dans les hôpitaux. On va monter au créneau », a averti Lévy Milot Félix.

Le président de la FENATRAS  a fait remarquer que les institutions du pays marchent très mal. Aucune mesure n’est prise pour favoriser une meilleure gestion du système sanitaire. Les hôpitaux publics manquent toujours d’intrants, de matériel et de médicaments. Les patients qui sont majoritairement des gens de la petite bourse font les frais de cette mauvaise prise en charge.

Évoquant le non-respect du protocole d’accord signé en 2017 en faveur de la bonne marche des hôpitaux publics, Lévy Milot Félix a affirmé que les autorités ne sont pas animées de bonne volonté pour résoudre les problèmes auquels fait face le système sanitaire. Il réclame, entre autres, comme l’exige le protocole, l’ajustement salarial au profit des travailleurs de santé ainsi que la régularisation et la nomination du personnel. « À 95%, les prestataires de soins sont nommés mais la situation des autres catégories demeure inchangée », a-t-il vertement critiqué.

Le président du Syndicat des travailleurs de santé de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) a expliqué que le personnel ne peut continuer à vivre avec un salaire mensuel de 9 000 gourdes. « Quand on touchait 9 000 en 2017 le dollar s’échangeait à 50 gourdes. Actuellement, il est à plus de 85 gourdes », a indiqué Lebien Joseph, soulignant que les responsables de la santé publique du pays, les (travailleurs de santé)  forcent à emprunter un chemin qu’ils ne désirent pas.

Lebien Joseph ajoute que les trois quarts du personnel travaillant à l’HUEH ont fini par être hospitalisés au Sanatorium, hôpital public spécialisé dans la prise en charge des tuberculeux. «Le personnel qui fait le sale boulot travaille dans des conditions inhumaines », a-t-il critiqué.