Le commissaire du gouvernement Me Ducarmel Gabriel a confirmé l’arrestation de Vilpique Dunès, un présumé auteur de l’assassinat de Me Monferrier Dorval. Celui-ci figure parmi quatre personnes interpellées dans le cadre de ce dossier. Les autorités policières suivent d’autres pistes, a fait savoir le chef du parquet de Port-au-Prince.

Publié le 2020-09-11 | Le Nouvelliste

Le chef du parquet près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Ducarmel Gabriel, a confirmé l’arrestation de Vilpique Dunès, un proche du pouvoir en place, en lien avec l’exécution du bâtonnier de Port-au-Prince. « Nous avons recueilli des témoignages qui nous ont permis de mettre la main au collet du nommé Vilpique Dunès dans l’après-midi du jeudi 10 septembre 2020, à Delmas 75 », a indiqué le chef de la poursuite. Cette arrestation, a-t-il poursuivi, constitue un pas très important dans le cadre de l’avancement de l’enquête, dans la mesure où nous disposons d’éléments d’informations qui nous permettent de réaliser qu’il serait impliqué dans l’assassinat de Me Monferrier Dorval.

D’autres individus sont activement recherchés par la police nationale. Toutefois, l’homme de loi n’a pas révélé leur identité.

Le commissaire du gouvernement a par ailleurs fait mention d’un autre élément très important dans l’enquête : « Un certain Alex, alias Black, l’un des bras armés de Vilpique Dunès, lui-même un présumé auteur de cet assassinat, a été exécuté le lendemain de l’assassinat de Me Dorval. » Alex, ainsi connu, a été tué le 29 août 2020, vers les huit heures du soir, à Juvénat. À présent, la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) auditionne Vilpique Dunès afin d’élucider les circonstances dans lesquelles Alex a été tué, a confié le commissaire.

Vilpique Dunès a été retrouvé en possession de deux badges selon lesquels il serait chargé de mission tant pour le Palais national que pour le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Me Ducarmel Gabriel estime que le concerné, à coup sûr, donnera des informations sur cette question. « Il peut travailler quelque part. Il lui revient de confirmer son lieu de travail », a lâché le chef de la poursuite. Et d’ajouter : « Quel que soit le lieu où il travaille, même si c’est au ciel, nous l’arrêterons. Dans le cadre de cette enquête, nous ne protégerons ni n’épargnerons personne. »

Le commissaire a précisé qu’il ne peut encore révéler si cet assassinat est lié à l’exercice de la profession du bâtonnier. « Je vous ai dit que nous exploitons toutes les pistes. Nous n’allons pas indexer tous les secteurs. Par exemple, Vilpique est l’un des éléments clés dans ce dossier », a-t-il renchéri.

Après l’interpellation de Mackender Fils-Aimé, l’une des trois personnes arrêtées antérieurement, Vilpique Dunès, était en fuite. Le chef du parquet de Port-au-Prince a confié qu’il avait été invité à la DCPJ, mais qu’il ne s’était pas présenté, sous prétexte qu’il était malade.

Par ailleurs, le commissaire du gouvernement, Ducarmel Gabriel, laisse entrevoir que le dossier sera déféré au cabinet d’instruction incessamment. À cette phase, « le juge d’instruction pourra inculper toute personne qu’il soupçonne d’avoir participé comme complice ou auteur à la commission de l’infraction. Il est saisi sur les faits ».

L’homme de loi se montre rassurant et réaffirme que l’enquête avance très bien et à grands pas. Selon ce dernier, pour une fois, le système judiciaire haïtien est mis à l’épreuve et doit tout mettre en œuvre pour que la lumière soit faite sur ce crime.

Caleb Lefèvre