P-au-P, 11 sept. 2020 [AlterPresse] — En lien avec l’assassinat de 3 balles, le vendredi 28 août 2020, du bâtonnier de l’ordre des avocats de Port-au-Prince, Me. Monferrier Dorval, à Pèlerin 5, dans la même zone où habite le président Jovenel Moïse, dans la commune de Pétionville (à l’est de la capitale, Port-au-Prince), plus d’une cinquantaine d’avocats sont menacés de morts et objet d’actes d’intimidation et d’espionnage, d’individus proches du régime tèt kale au pouvoir, dénonce le Jeune barreau (des avocates et avocats) de Port-au-Prince (Jbap), en conférence de presse, ce vendredi 11 septembre 2020, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Ces menaces directes seraient dues à leurs réflexions et leurs prises de positions. Certaines personnes font de l’espionnage, en prenant des captures d’écran de conversations et de réflexions d’avocates et d’avocats sur des forums, puis les transfère vers les hautes autorités du pouvoir politique, informe Me. Jean Erold Hyppolite, membre du Jeune barreau de Port-au-Prince (Jbap).

Me. Jean Erold Hyppolite affirme avoir, lui-même, reçu, depuis environ trois semaines, des messages menaçants, à travers son téléphone.

« Des motos et des voitures viennent contrôler quotidiennement ma maison et vérifier le numéro de la plaque d’immatriculation de mon véhicule. (…) Je serais le prochain sur la liste, après Me. Monferrier Dorval, d’après ce que j’ai appris », renchérit Me. Eddy-Paul Fleurant, secrétaire général du Jbap.

Ces menaces ne m’ébranleront pas, déclare Me. Fleurant, qui entend continuer à défendre la corporation des avocates et avocats, et la société en général.

Nécessité d’une enquête internationale sur l’assassinat de Me. Monferrier Dorval

Le Jeune barreau (des avocates et avocats) de Port-au-Prince recommande, au Conseil de l’ordre des avocates et avocats de Port-au-Prince, de réclamer une enquête internationale, en vue de faire aboutir le dossier, relatif à l’assassinat de Me. Monferrier Dorval (10 juin 1956 – 28 août 2020).

« Pour des raisons politiques et à cause des faiblesses institutionnelles », les institutions nationales risquent de ne pas pouvoir faire aboutir l’enquête, sur l’assassinat de Me. Monferrier Dorval, craint Me Lucson H. Love Alphonse, directeur général du Jbap.

D’autres barreaux de pays étrangers interviennent continuellement, pour exiger une enquête internationale, car « ils savent que cette enquête pourrait ne jamais aboutir pour rendre justice à Me. Monferrier Dorval ».

Cette enquête internationale ne signifie pas le retrait de la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), dont les enquêteurs font preuve de compétence, de professionnalisme et de détermination, estime le Jeune barreau (des avocates et avocats) de Port-au-Prince, soulignant combien « les enquêteurs internationaux pourraient renforcer les enquêteurs nationaux, pour qu’ils puissent mener plus correctement le dossier et diminuer les pressions politiques ».