P-au-P, 18 juin 2020 [AlterPresse] — Le Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp) invite le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj) à une rencontre autour du fonctionnement et du renforcement du système judiciaire.

Le Msjp estime cette rencontre opportune, vu la situation d’arrêt de travail des magistrats, dans un contexte où la pandémie de Covid-19 s’est déjà introduite dans les prisons, dans une correspondance en date du jeudi 18 juin 2020, adressée au Cspj, dont un extrait est parvenu à l’agence en ligne AlterPresse.

Aucune date n’a encore été fixée pour cette rencontre, visant une bonne harmonisation de l’administration judiciaire.

Une rencontre a eu lieu, le mercredi 17 juin 2020, entre le Mjsp, le Ministère de l’économie et des finances (Mef), l’Association professionnelle des magistrats (Apm), l’Association nationale des magistrats haïtiens (Anamah), le Réseau national des magistrats haïtiens (Renamah) et l’Association des juges de paix haïtiens (Ajupha), autour de la paralysie des activités, depuis plusieurs semaines, au niveau de l’appareil judiciaire.

La rencontrée a finalement été suspendue, à cause de l’absence du Cspj, qui est profondément concernée par les revendications des associations de juges, explique le président de l’Apm, le juge Wando Saint-Villier, joint au téléphone par AlterPresse.

Les associations de juges exigent la participation du Cspj dans les discussions, souligne Saint-Villier.

Les juges de paix sont rentrés en grève, depuis le lundi 1er juin 2020, pour demander au Cspj de satisfaire leurs revendications, consistant en la mise en place de meilleures conditions de travail, la réparation et la construction de sièges de tribunaux, entre autres.

Entre-temps, l’Organisation des citoyennes et citoyens pour une nouvelle Haïti (Ocnh) exhorte le président Jovenel Moïse à chercher un dénouement à la crise, qui paralyse, depuis plusieurs semaines, l’appareil judiciaire.

L’attitude de l’exécutif face à la grève des juges risque d’entraîner une persistance de la situation actuelle au préjudice des justiciables, fustige l’Ocnh.

Depuis le 2 juin 2020, les portes de plus d’une centaine de tribunaux de paix des 18 juridictions judiciaires du pays sont fermées, rappelle l’Ocnh.

Pour sa part, le Collectif Défenseurs Plus demande à l’État haïtien d’engager un vrai dialogue, avec les juges et greffiers, pour trouver une solution à la paralysie des activités dans les tribunaux.

Cette solution permettrait d’éviter que la pandémie de Covid-19 (le nouveau coronavirus) tue plus de personnes détenues, notamment celles qui sont en détention préventive prolongée, déclare l’organisme de droits humains.