L’Association nationale des greffiers haïtiens (ANAGH) maintient la grève lancée depuis le mardi 28 juillet 2020 dans toutes les juridictions du pays à l’ouverture de l’année judiciaire 2020-2021. Les greffiers n’entendent point courber l’échine. Dans certaines juridictions ils n’ont pas participé aux traditionnelles cérémonies organisées dans les cours et tribunaux des juridictions du pays. De pied ferme, l’ANAGH réclame l’application des accords de 2017 et de 2019 qui prévoient de meilleures conditions de travail.

Publié le 2020-10-08 | Le Nouvelliste

 

Alors que des autorités du secteur judiciaire avaient annoncé avoir trouvé une entente avec les greffiers, la question de la grève reste toujours d’actualité. Lancé fin juillet de l’année en cours, le mot d’ordre de grève générale des greffiers et commis-parquets est observé dans les 18 juridictions du pays. À la Grande-Rivière-du-Nord, la cérémonie d’ouverture de l’année judiciaire était impossible car les greffiers de cette juridiction n’ont pas siégé. « L’ouverture de l’année judiciaire se fera sans les greffiers. On ne siègera pas », avait fait savoir au journal Martin Ainé, avant la cérémonie.

Selon le président de l’Association nationale des greffiers haïtiens, les lignes ne bougeront pas tant que le ministre de la Justice ne satisfera pas à leurs revendications. Les greffiers et commis-parquets continuent de réclamer l’adoption du statut des greffiers professionnels de la justice et la nomination des greffiers ayant intégré l’École de la magistrature. L’augmentation salariale, l’octroi d’une carte de débit et d’une carte d’assurance en cas de maladie constituent entre autres revendications des greffiers prévues dans les accords signés les 3 novembre 2017 et 23 mai 2019.

Les greffiers réclament actuellement justice et réparation pour la greffière Yolette Florent molestée, suivant ses dires, par le juge de paix Wilfrid Larivière dont ils exigent l’éviction.

Selon Ainé Martin, les greffiers ne souhaitent pas paralyser la chaîne pénale et empêcher l’accès à la justice. Mais il pointe du doigt le laxisme des autorités qui n’ont pas consenti assez d’efforts pour remédier à leur situation. Du 27 juillet à nos jours, les autorités du ministère de la Justice, a-t-il confié, les a rencontrés à quatre reprises. Aucune mesure concrète n’a cependant été adoptée. Une commission qui ne dispose d’aucun greffier a travaillé sur le document/loi portant statut des greffiers.

« Nous avons lu le document et y avons apporté des modifications. Nous l’avons ensuite remis. Le ministre devrait le présenter lors d’un Conseil des ministres pour enfin nous rencontrer. Mais les trois jours de deuil national pris à la mémoire du bâtonnier Monferrier Dorval a tout retardé », a déclaré Martin Ainé. Vendredi dernier, une rencontre avec le ministre de la Justice a été annulée. Les greffiers disent être ouverts et prêts à faciliter la reprise des activités, disant compter sur la bonne foi des autorités concernées.

Le président de l’ANAGH avait également confié qu’ils avaient entamé des démarches auprès du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, organe de contrôle et de régulation de ce pouvoir. « Nous leur avons demandé une rencontre. À notre arrivée, on nous a informés que les membres du CSPJ ne pouvaient pas rencontrer la délégation », a critiqué Martin Ainé, dénonçant l’inélégance des membres du Conseil. Selon lui, ces derniers n’ont jamais engagé des pourparlers pour garantir le bon fonctionnement des cours et tribunaux du pays.