P-au-P, 28 févr. 2020 [AlterPresse] — Le centre Karl Levèque, les avocats et les citoyens, qui se sont portés partie civile dans le cadre du dossier Dermalog (firme allemande bénéficiaire d’un contrat de production de cartes d’identification, sans validation de la Curs supérieure des comptes et du contentieux administratif / Cscca) lancent un ultimatum de 4 jours, au parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, dirigé par un commissaire du gouvernement intérimaire, Me. Jack Lafontant, pour préparer le réquisitoire d’informer concernant l’affaire Dermalog, selon lesinformations rassemblées par lagence en ligne AlterPresse.

« Jack Lafontant, nous vous sommons de produire votre réquisitoire d’informer. Vous avez jusqu’à lundi (2 mars 2020) pour débloquer le dossier. Passé ce délai, nous allons nous réunir et prendre la décision que de droit ».

Cette mise en garde a été faite par Me. Arnel Rémy, porte-parole du Collectif des avocats pour la défense des droits humains, lors d’une conférence de presse, tenue ce vendredi 28 février 2020.

« Comment la justice peut-elle fonctionner avec un commissaire de gouvernement (intérimaire), qui garde, dans ses tiroirs, un dossier, qui revêt une importance capitale ? », se demande Me. Rémy, tout en dénonçant la violation de l’article 48 du Code d’instruction criminelle.

Selon cet article, il faut au maximum 3 jours, au commissaire du gouvernement, pour préparer le réquisitoire d’informer, alors que le dossier traîne depuis près de 7 mois, soit depuis le 19 août 2019 », déplore Me. Arnel Rémy.

Il dénonce un complot pour empêcher la justice de faire la lumière sur le dossier Dermalog.

La carte d’identification Dermalog représente un danger pour le processus électoral en Haïti, rappellent le centre Karl Levèque, les avocats et les citoyens, qui se sont portés partie civile dans le cadre du dossier Dermalog.

« Le numéro de la carte a été choisi de manière aléatoire. Ce qui permet à n’importe qui et dans n’importe quel pays de voter à plusieurs reprises », avertit Me. Marc-Antoine Maisonneuve.

Un rapport de la Commission éthique et anti-corruption, au sénat de la république, a révélé des cas de corruption et de malversations, dans le cadre du dossier Dermalog, dans lequel sont impliqués l’épouse du président Jovenel Moïse, Martine Joseph Moïse, et d’anciens ministres.

L’Organisation des citoyens pour une nouvelle Haïti (Ocnh) a recommandé au Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp) de mettre immédiatement fin au processus de fabrication de nouvelles cartes d’identification, par la firme allemande Dermalog,.

Le contrat pour la production de ces nouvelles cartes n’a pas été validé, à deux reprises, par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (Cscca).