Invité le jeudi 10 septembre 2020 au Congrès américain par le sous-comité Commerce de la Chambre des représentants pour témoigner sur le renouvellement de la Loi sur la reprise économique du bassin des Caraïbes, de son sigle en anglais CBERA (CBTPA, Lois HOPE/HELP), l’ambassadeur d’Haïti à Washington D.C., Hervé Denis, a défendu l’importance d’une extension de cette législation pour l’économie haïtienne et a exhorté le Congrès à voter en ce sens, informe une note de presse estampillée du logo de la représentation diplomatique d’Haïti dans la capitale fédérale américaine.

Publié le 2020-09-11 | Le Nouvelliste

« L’ambassadeur Hervé Denis a témoigné aujourd’hui lors d’une audience devant la Commission des Finances du Parlement américain, « House Subcommittee on Trade of the Ways and Means Committee», présidé par le membre du Congrès Earl Blumenauer (OR-D) et le membre Vern Buchanan (FL-R), sur l’importance de l’extension de la Loi sur la reprise économique du Bassin des Caraïbes (CBERA), H.R. 991. Les programmes commerciaux, connus collectivement sous le nom d’Initiative du Bassin des Caraïbes (CBI), sont des éléments essentiels des relations économiques entre les États-Unis et les pays d’Amérique centrale et des Caraïbes. La Loi sur le Partenariat commercial du Bassin des Caraïbes (CBTPA) est entrée en vigueur le 1er octobre 2000 et restera en vigueur jusqu’au 30 septembre 2020 », a fait savoir la note de l’ambassade d’Haïti à Washington D.C.

Cette législation est économiquement avantageuse pour les États-Unis et pour Haïti. « Les États-Unis jouissent d’un important surplus commercial avec les pays de la CBI. Selon le Treizième rapport au Congrès sur l’Opération de la Loi sur la Reprise économique du Bassin des Caraïbes, le montant du commerce de marchandises des États-Unis (exportations totales plus importations générales) avec les pays de la CBI était de 19,4 milliards de dollars en 2018. Le surplus commercial de marchandises des États-Unis avec les pays de la CBI a atteint 7,4 milliards de dollars en 2018 », a communiqué l’ambassadeur Denis au cours de l’audience.

« C’est une première dans l’histoire de la diplomatie haïtienne », a signalé le diplomate haïtien pour Le Nouvelliste. En effet, pour la première fois dans l’histoire, Haïti mène le renouvellement de la CBTPA pour la région des Caraïbes, réaffirmant l’importance de la législation dans la promotion du libre-échange dans les Amériques, le renforcement des relations bilatérales et la promotion du progrès économique dans l’hémisphère occidental. Les pays de la CBI tels que la Barbade, le Belize, Curaçao, Guyana, la Jamaïque, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago bénéficient également de cette disposition.

La CBTPA rend éligibles à la détaxe les textiles et les vêtements fabriqués à partir de fils et de tissus américains, permettant aux pays éligibles de concurrencer la Chine et autres fournisseurs de textile asiatiques. Cette disposition, parmi de nombreux autres avantages, contribue à soutenir la production de fil aux États-Unis et encourage l’investissement dans ce secteur. L’industrie du vêtement en Haïti est le fondement industriel de l’économie du pays, et son existence dépend des préférences accordées dans le cadre de la CBTPA et des programmes supplémentaires HOPE/ HELP qui reposent sur la CBTPA.

Selon l’Association des industries d’Haïti (ADIH), cette industrie qui fournissait un emploi direct à près de 60 000 travailleurs au début de cette année commençait déjà à souffrir du retard du renouvellement du CBTPA avant l’épidémie de coronavirus. Les acheteurs et les investisseurs hésitent à prendre de nouveaux engagements alors que l’avenir du programme reste incertain. En outre, la demande de vêtements a baissé, et les acheteurs potentiels qui sont encore capables de passer des commandes ne seront pas disposés à s’engager tant que le Congrès ne renouvellera pas la CBTPA avant sa date d’expiration. L’avenir de l’industrie du vêtement en Haïti, et donc les emplois et la stabilité économique de nombreuses familles haïtiennes, restera en danger jusqu’à ce que la législation soit adoptée.

« L’audience, qui fut organisée pour fournir aux parties prenantes une plate-forme pour discuter davantage des implications de la CBTPA sur la politique intérieure et étrangère, prévoit de confirmer un vote au Parlement avant la date limite du 30 septembre », a fait savoir la note de l’ambassade, précisant que d’autres participants du secteur privé haïtien, d’organisations non gouvernementales (ONG), du monde académique et d’entreprises manufacturières américaines comme Georges Sassine de l’ADIH, Madame Lauren Stewart, directrice régionale des programmes, Amérique latine et Caraïbes, Madame Beth Baltzan, directrice, American Phoenix Trade Advisory Services PLLC, et Monsieur Jerry Cook, vice-président, Relations gouvernementales et commerciales, Hanesbrands, Inc. étaient également présents à l’audience pour apporter des perspectives supplémentaires.

Patrick Saint-Pré