Après avoir servi au plus haut niveau de l’État durant ces vingt dernières années, administrateur de ministère, inspecteur général au sein de la Police Nationale d’Haïti, ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales, Ronsard St Cyr décide de lancer son propre parti politique dénommé Nou Pare. Conscient  des « actes manqués », l’ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique sous l’administration de Jovenel Moïse, qui rêve d’une « belle Haïti », veut arriver au pouvoir pour « prendre les décisions qui n’ont pas été prises ». Nou Pare n’a pas d’ancrage idéologique. Pour le fondateur de cette structure politique, l’idéologie est, selon sa propre définition, « quelque chose qui a été créé pour diviser ceux qui ne comprennent rien ». Tout est, selon lui, une question de méthode. «  L’idéologie est une question de méthode. La différence entre deux tendances réside dans l’application de la méthode », a fait savoir celui qui a été aussi candidat sans réussite aux législatives.

Les grands axes de Nou Pare, comme les nomme Ronsard St Cyr, sont le dialogue, la sécurité et la Constitution. Sans une nouvelle Constitution, Haïti n’avancera pas, croit l’ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique. « En énumérant les grands axes du parti, vous pouvez voir sa vision », a-t-il répondu à une question portant sur l’énonciation de la vision de son parti. L’ancien ministre de l’Intérieur de Michel Martelly est fier de préciser que son parti repose sur des « hommes expérimentés qui vont éduquer et former la jeunesse pour embellir le passeport haïtien ». Le parti va mettre fin à l’« esclavage », a-t-il annoncé tout en évoquant le cas de ces enfants qui sont obligés de parcourir plusieurs kilomètres à la recherche de l’eau.

Comme pour se dédouaner, Ronsard St Cyr souligne que le «  véritable pouvoir pour faire changer les choses ne se trouve pas entre les mains du gouvernement mais plutôt entre les mains du Parlement et celles de quelques personnes à l’instar du président, du Premier ministre, des membres de la Cour des comptes et du chef de la police ». « Durant mes vingt-quatre ans de carrière, je n’ai eu que des contrats de vingt-quatre heures renouvelables. J’ai été chaque matin révocable. J’en ai beaucoup souffert et je me suis révolté », s’est-il défendu. Il a dit vouloir par là justifier son choix de former  monter son propre parti politique pour prendre le pouvoir et changer les choses.

Nou Pare et PHTK, des “partis différents”

Nous avons un autre mode opératoire, a soutenu Ronsard St Cyr de Nou Pare en comparaison au PHTK. « Nous irons directement vers les paysans et vers la jeunesse », a-t-il soutenu. Il a précisé que les deux partis n’ont pas le même discours. Il n’a cependant pas caché son amitié avec l’ex-président Michel Martelly ni avec le chef de l’Etat Jovenel Moïse, chef du pouvoir qu’il avoue avoir contribué à mettre en place. Êtes-vous un allié du PHTK ? Je suis l’allié de tous les Haïtiens, a répondu l’homme politique.

“Oui aux élections non à la transition”

Nou Pare est en faveur des élections et contre la transition, selon Ronsard St Cyr. «  En période de transition, les pays pauvres n’ont pas accès aux plateformes de coopération multilatérale ou bilatérale », a-t-il constaté. Ronsard St-Cyr a dit minimiser les critiques adressées au nouveau Conseil électoral provisoire chargé d’organiser les prochaines élections. « Quelle formule peut-on utiliser pour mettre en place un Conseil électoral de neuf membres sans qu’il soit l’objet de critiques », s’est interrogé Ronsard St Cyr. Il a affirmé ne pas vouloir s’immiscer dans les cas de violation de la Constitution lors de la mise en place et la prise de fonction de ce Conseil électoral provisoire.

Danio Darius