« Nous n’avons pas même un terrain digne de ce nom en Haïti. L’argent de l’Etat qui devait construire les centres sportifs à travers le pays a été détourné. Nèg yo kraze lajan an… », a révélé vendredi le ministre de la Jeunesse et des Sports Max Attys à la suite d’une tournée qu’il a effectuée dans plusieurs départements.

« Ce que nous avons trouvé comme infrastructures sportives est insignifiant. Puisque je suis une personne responsable, je prends ma responsabilité pour le dire. Et je pense que l’action publique va être mise en mouvement. C’est inacceptable que l’Etat ait dépensé des centaines de millions et à la fin nous n’avons même pas un terrain de sport ! », a dénoncé le ministre de la Jeunesse et des Sports en conférence de presse.

Max Attys a souligné que ce sont les firmes SECOSA, une firme haïtienne, Rofi et Adom, des firmes dominicaines, qui ont été contractées pour la construction des centres sportifs à travers le pays.

Selon le ministre, dans le Sud-Est il y avait deux terrains sportifs construits par les firmes dominicaines. « Malheureusement, ce sont des firmes qui n’avaient aucune expertise pour ce genre de travail. Ces deux terrains sont pratiquement abandonnés. C’est la même chose à Jérémie dans la Grand’Anse. J’ai été étonné de constater un centre sportif construit au XXe siècle, avec des latrines », a critiqué le ministre.

Dans le département des Nippes, Max Attys a rapporté qu’il n’existe même pas un seul terrain de sport. Il a fait savoir qu’une infrastructure sportive financée dans cette commune par la FIFA à hauteur de 50 000 dollars ne vaut même pas deux dollars après évaluation. « L’argent a été gaspillé », a-t-il dénoncé.

Dans la ville des Cayes, c’est la même chose, « un scandale », a révélé le ministre. « Un centre qui a été inauguré par le ministre des Sports d’alors, madame [Régine] Lamure, ainsi que par le fils du président Martelly, Olivier Martelly qui était très impliqué dans la construction de ces centres. Je répète pour dire encore que cela a été une gabegie », a fulminé le ministre des Sports.

A Mirebalais, au haut Plateau, à Milot, dans le Nord-Est, a-t-il dit, c’est la même chose. « Se lajan jete nan bwa », a dénoncé le ministre.  « A la fin, tous les terrains sportifs construits pour le compte de l’Etat haïtien par les firmes SECOSA, Rofi et Adom, pa gen youn ki bon », a-t-il dit. « Les firmes dominicaines Rofi et Adom n’ont aucune expertise de ce genre », a fait remarquer le ministre à maintes reprises.

« A Port-de-Paix, l’argent a été débloqué et la construction de beaucoup de ces centres n’a pas même encore commencé », a dénoncé le ministre des Sports. « Au Centre Dadadou, c’est la même chose. Beaucoup d’argent a été débloqué mais malheureusement la construction est inachevée », a-t-il ajouté.

En revanche, Max Attys a souligné à l’encre forte que « le ministère de la Jeunesse et des Sports n’a jamais été impliqué dans la construction de ces centres. Le ministère a été écarté », a-t-il dit, soulignant que la justice devrait s’intéresser de près à la construction de ces centres sportifs.