Le volleyball est l’une des disciplines les plus pratiquées dans le monde. En Haïti, pour ces deux dernières décennies, la pratique du volleyball a connu un coup d’arrêt. Entre la concurrence avec le basketball, l’absence d’un cadre légal ou le refus du secteur privé de le financer, Margarette Graham fait le point sur les grands défis du volleyball en Haïti.

Dans les années 60-70, le volleyball a été le deuxième sport du pays. Entre temps, le basketball a connu un grand essor grâce à la diffusion des matchs et des grandes compétitions à la télévision. Parallèlement, les compétitions de volleyball ne sont pas fréquemment retransmises à travers le monde. Cela a causé une certaine baisse de la visibilité du volleyball et l’émancipation du basketball comme étant le deuxième sport le plus pratiqué en Haïti derrière le football. Le volley sort du deuxième à la troisième discipline. Ajouté à cela, le volleyball exige une méthode plus rigoureuse, comme l’explique Margarette Graham.

« Contrairement au football et/ou le basketball, le volleyball réclame de la patience, il s’apprend avec le temps. Il faut des entraîneurs formés et dévoués pour pouvoir aider les jeunes à connaitre le volleyball. Pour pratiquer le volleyball avec succès, il faut des jeunes élongés. Et, aujourd’hui, les jeunes de grande taille préfèrent le basketball, d’où notre difficulté à trouver de bons athlètes », explique la présidente.

Toutefois, le volleyball, avec le statut de troisième sport du pays, intéresse pas mal de jeunes. Les joueurs de volleyball sont généralement très brillants à l’école, car il est un sport d’application et qui exige de la discipline. Le vrai problème à son expansion est le fait qu’il n’existe pas un cadre légal », se plaint Margarette Graham

« Nous n’avons pas une politique publique. La mission de l’État c’est de définir les règles du jeu, de dire au secteur privé ce qu’il doit faire, de fixer le rôle des fédérations pour qu’il y ait une cohérence dans la pratique et dans le développement du jeu. Il y avait un projet de loi écrit sur l’administration du ministre Jimmy Albert et a été voté par un large public du secteur. Ce projet de loi est malheureusement resté dans le tiroir. Il revient aux sénateurs et députés de le voter pour faciliter le développement du sport » exige la femme forte de la FHVB.

Il est évident que l’État ne joue pas son rôle de régulateur et de bailleur de manière continuelle. Il a épisodiquement supporté les fédérations en 2017 et 2018, mais il n’y a rien cette année. Tandis que cette allocation est inscrite dans le budget de la République. Quand cette situation se produit où l’État ne peut pas financer les activités sportives, le sport et les jeunes sont les premières victimes, d’autant qu’on vit dans un pays où environ 60 % de la population est en dessous de 30 ans. À ce moment, le secteur privé devrait être le recours idéal en matière de financement. Malheureusement, il n’est pas intéressé au sport organisé.

« Là encore c’est de la responsabilité de l’État. S’il y avait une force susceptible de contraindre le secteur privé d’investir dans la pratique sportive, ça pourrait être différent. La parcelle du secteur privé qui finance les activités sportives est très sollicitée. Elle est dans une situation où au lieu d’accorder 100 gourdes à deux fédérations, elle les partage à 10 fédérations. Il y a un rapport disproportionné entre les bailleurs et le nombre des fédérations. Tout cela doit être régulé à travers des lois », propose Margarette Graham, présidente de la Fédération haïtienne de volleyball.

À signaler que dans la Caraïbe, Haïti a laissé une marque dans le volleyball caribéen ces quatre dernières années. Qu’il s’agit des sélections U16, U17 et autres, les résultats sont remarquables. Mais, pour continuer sur cette lancée, il est primordial que la fédération ait le moyen de développer sa politique dans les principaux départements du pays.

Kenson Désir